Il nous est arrivé une chose que tous spéléo rêve au fond d'un trou, après des puits humides, des étroitures pénibles... c'est de ressortir directement et facilement en découvrant une nouvelle sortie.

Pour Gabaudet, j'ai une liste de noms de spéléos. Je raye ceux qui sont déjà venus et qui ne veulent plus revenir, ceux qui  refusent, et je contacte ceux qui ne sont jamais venus. Cette fois-ci c'est Philippe Gouygou et Jean Matthieu Daroman les deux volontaires.

Jean Louis et France Amiard prévenus la veille, acceptent de faire un repérage avec une nouvelle balise Arcana.

Après la mise en place du ventilateur car le trou est connu pour un taux élevé de CO2, j'équipe les puits avec derrière mes deux Coréziens qui se jettent des cailloux, se plaignent sans arrêt « que c'est gras, que c'est humide, que ça colle » et se moquent des Charentais qui ont un goût douteux pour la boue et les boyaux. Je file devant pour ne pas me faire influencer par un éventuel abandon et après les nombreux ponts argileux, les passages à plat ventre, le laminoir des boules (argileuses), les étroitures... nous sommes au fond 1h30 plus tard. Sans perdre de temps, nous grimpons en oppos dans la petite galerie à 45° jusqu'au boyau terminal de 50cm de large qui est 20m plus haut et nous posons la balise avec ¾ d'heure de retard.

Et ho surprise ! en plus du fort courant d'air qui souffle, je vois le jour à travers un minuscule espace entre les cailloux et la terre. Il y a même une araignée avec un gros vente au plafond. Je crie « les gars ça va passer, c'est sur on va ressortir par là aujourd'hui ». Grâce à un tir pour dégager un gros bloc et 3h de pénible désobstruction à tour de rôle, Philippe coupe une racine avec la perceuse et sort le premier au grand air et avec un beau soleil, au pied d'un alisier et d'un chêne.

Après quoi, Philippe motivé, improvise un cuissard en sangle et descend le puits d'entrée pour rechercher nos cuissards et déséquiper.

C’était génial !

 Mathieu.