Champagne à Gabaudet le 10 novembre 2012

 

Aujourd'hui, plus de vingt ans après ma première descente à Gabaudet, nous attaquons le laminoir amont avec Marc Delluc, Damien Lafforgue, Olivier Huard et Mathieu Bergeron. Nous sommes convaincus qu'il existe une suite grâce au courant d'air qui s'y engage avec force, pulsé par la soufflerie que nous installons à l'entrée.

A la base des puits, nous avons la chance de trouver un shunt au passage argileux de 15m que nous devons passer à plat ventre dans le ruisseau. Olivier et Marc s'y collent pendant 1h et nous ouvrent une voie facile. Pendant ce temps avec Damien en quatre tirs nous élargissons 100m plus loin, une autre étroiture humide et boueuse. Nous nous retrouvons tous les quatre allongés dans le laminoir. Marc creuse devant avec son « bi-dents », impossible de le faire lâcher prise, Damien forme des grosses boules d'argile bien lourdes et collantes et Olivier les refoulent vers moi pour que je les empile sur le coté. Il nous a fallu trois heures de dur labeur puis le plafond s'est élevé d'un coup vers une belle galerie tant espérée. Spacieuse et magnifique, de 1,5 à 2m de large par 4m de hauteur, terreuse et sèche, colorée d'ocre et scintillante de gypse blanc. La joie de la découverte nous envahie mais nous prenons le temps de la savourer avec une petite barre de fruit et une gorgée d'eau avant de nous engager dans l'exploration. A un carrefour de diaclase, nous traversons avec précaution et admiration un massif de concrétions dont une extraordinaire « carotte » orange suspendue à une stalactite. Nous croisons plusieurs fois, des trous et nous entendons l'eau s'écouler en dessous. Nous stoppons devant une étroiture au ras du sol avec courant d'air, vite déblayée sur 1,5m. Un méandre cupulé et sinueux continue jusqu'à de hauts talus d'argile glissante et collante. Encore un carrefour de diaclase, un moment d'hésitations et nous nous faufilons à travers. La galerie ronde de 2m de haut remonte de 3m vers une salle. D'un côté une trémie bloque tout, au sol des coquilles de petits escargots gris nous interpelle et à droite une nouvelle étroiture sur 2m laisse entrevoir un espace noir. Rebelotte, malgré la fatigue nous dégageons ce passage. En bas, la galerie devient impénétrable par contre le courant d'air monte dans une cheminée de 20m de hauteur et de 50cm à 1m de large. Remontée en oppos facile, je me suis arrêté sur un trou de 10cm de large à travers duquel j'entendais le bruit du courant d'air. Une dizaine d'araignée, des feuilles d'érable, de la terre noire et des cailloux issus de gélifraction indiquent que nous sommes tout proche de la surface. Sur le moment j'ai cru que nous allions pouvoir sortir par là ! Fin de notre formidable aventure. Retour en déséquipant et sortie vers 22h, fourbus, boueux des pieds à la tête et heureux comme des fous. TPST : 10h.

 

Mathieu.